Pesticides et cancers : mise au point de la Ligue nationale contre le cancer

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La Ligue nationale contre le cancer demande dans les meilleurs délais, l’interdiction totale des cinq pesticides*, dont le Roundup, récemment classés comme cancérogènes probables ou possibles par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC/IARC) en France métropolitaine et en Outre-mer.

Premier financeur privé et associatif de la recherche contre le cancer en France, apolitique et totalement indépendante grâce à la générosité de ses 700 000 adhérents et donateurs, la Ligue s’est engagée depuis de nombreuses années dans l’évaluation rationnelle et précise des risques sanitaires associés à l’usage des pesticides dans l’agriculture.

La Ligue soutient, notamment, depuis plusieurs années des projets de recherche dédiés à cette question. Elle finance actuellement, AGRICAN, une étude épidémiologique fondée sur une cohorte de 180 000 professionnels du secteur agricole. AGRICAN constitue la plus importante étude française concernant la santé en milieu agricole et notamment l’impact des expositions professionnelles aux pesticides dans la survenue des cancers (et d’autres pathologies).

Une autre étude, l’enquête nationale ESTELLE, se focalisant sur l’ensemble des risques environnementaux, dont ceux liés aux pesticides et associés aux cancers pédiatriques, a également fait l’objet d’un financement par la Ligue, fin des années 2000.

Le numéro 360 (décembre 2013) de la revue Vivre, le magazine contre le cancer, publié par la Ligue (100.000 exemplaires par trimestre), a abordé la thématique des risques associés à l’usage des pesticides dans un article titré « Pesticides et cancers, s’exposer, c’est risqué ! ».  En effet, l’impact délétère de ces produits sur la santé des professionnels les manipulant, mais également de la population générale indirectement exposée, est aujourd’hui de mieux en mieux documenté comme en atteste un certain nombre de cas détaillés dans cet article. De plus, l’avancée des travaux d’AGRICAN ont fait l’objet de présentations scientifiques lors des éditions 2012 et 2014 du Colloque que la Ligue consacre aux travaux scientifiques qu’elle finance.

À l’approche de la Conférence Climat-Environnement, la Ligue a conscience que la santé en général et la lutte contre les facteurs de risques de cancers en particulier, y seront abordés et constitueront des enjeux importants. Comme depuis plus de 10 ans avec ténacité, la Ligue ne réduira ni ses investissements dans la recherche sur cette question ni sa vigilance ni la possibilité d’initiatives réunissant d’autres acteurs associatifs.

Son indépendance lui permet, le cas échéant, de peser sur les décisions politiques comme cela a été le cas dans l’interdiction du Bisphénol A ou d’un certain nombre de dispositions dans les conventions Reach. Elle n’a par ailleurs pas hésité à interpeller les pouvoirs publics, les organisations professionnelles, les médias ou l’opinion, sur les risques avérés d’un usage ou d’une exposition aux pesticides ou phytosanitaires chimiques par les professionnels et les agriculteurs, appelant notamment à une révision drastique des modes d’emplois de ces produits et à des contrôles rigoureux et indépendants pouvant déboucher sur des sanctions pour les contrevenants.

*Les cinq pesticides classés comme cancérogènes probables ou possibles par le CIRC (IARC) et pour lesquels la Ligue demande une interdiction de vente et d’emploi en France métropolitaine comme en Outre-mer sont le Glyphosate (Roundup), le Malathion (utilisé notamment en Guyane), les Tetrachlorvinphos, le Diazinon, et le Parathion (interdits en France mais qui nécessitent un contrôle strict dans les filières d’importation).


Présentations scientifiques sur l'avancée des travaux d'AGRICAN

Facteurs de risque de cancers hormono-dépendants en milieu agricole (cohorte AGRICAN)

Clémentine LEMARCHAND
(Inserm U1086, UCBN, CLCC François Baclesse, Caen)

30 janvier 2014 : Si les cancers de la prostate et du sein sont les deux cancers présentant les plus fortes incidences en France, force est de constater que leur étiologie et notamment les facteurs de risque associés aux expositions professionnelles, restent mal connus. La thèse de Clémentine LEMARCHAND (Inserm UMR 1086, Caen) porte sur les liens potentiels entre les expositions professionnelles associées à l'activité agricole et le risque de survenue de ces cancers.

 

 

AGRIculture et CANcer : premiers résultats de la cohorte AGRICAN

Pierre LEBAILLY
(Inserm UMR 1086, Caen)

27 janvier 2012 : Si la France s’impose comme le premier pays producteur agricole de l’Union européenne, peu de données relatives aux effets potentiels des expositions professionnelles sur la santé des travailleurs de ce secteur sont aujourd’hui disponibles, notamment dans le domaine du cancer. L’étude épidémiologique Agrican a été lancée en 2005 pour pallier ce déficit d’information concernant une population qui connaît des risques professionnels particuliers d’origine chimique (exposition aux phytosanitaires et engrais), physique (exposition aux UV, risque mécanique), biologique (virus animaux, moisissures,…). Cette étude se fonde sur le suivi de de 180 000 assurés agricoles et constitue aujourd’hui une des plus grandes études au niveau mondial concernant la santé en milieu agricole ; elle doit se poursuivre jusqu’en 2020. Pierre Lebailly qui dirige cette étude présentera les résultats descriptifs découlant de sa première phase.

 

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