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Que faire?

pierre r mar, 21/01/2014 - 07:27 (33) commentaire(s)

Je suis Pierre le compagnon ou plutôt l'ex compagnon depuis 1 semaine d'une femme extraordinaire de 32 ans qui soigne un cancer de l'ovaire. Après son opération ou tout lui à été enlevé,les traitements chimio et avastin qui sont finis depuis novembre,cette maladie aura eu raison de nous depuis quelques jours à mon grand désespoir. Nous avions évoqué le mariage, avons emprunté sur 25 ans pour un logement, des projets pleins la tête. Je ne comprends pas de tout jeter comme çà alors que je l'ai soutenu de toutes mes forces dans cette guerre.Cette rupture n'est pas liée à moi mais dans sa prise de conscience de sa maladie et de ses conséquences, d'après son écrit. Peu de temps après la fin de ses traitements elle à eu une hyperthyroïdie pour basculer dans l'hypothyroïdie. Elle m'a dit que ce n'était pas lié à cette séparation mais aujourd'hui elle veut vivre seule, sans concessions car la vie de couple n'est plus faite pour elle et que ces sentiments auraient changé. Elle m'a dit que je lui avait offert la vie dont elle a toujours rêvé mais qu'aujourd'hui ce n'est plus possible. Dur, très dur, une douleur intense après cette épreuve de se sentir abandonné alors que nous étions inséparables. Une vie de couple de 2 ans 1/2 avec 2 ans d'épreuve dans cette p..... maladie. Que faire pour recoller les morceaux, pour restaurer un dialogue coupé depuis 1 semaine 1/2 ? Partir comme çà et tout laisser en plan sans vouloir se laisser une chance c'est incompréhensible.

karine35 mar, 21/01/2014 - 11:12

Bonjour Pierre,

Je te réponds en tant que malade ( cancer du col de l'utérus). J'ai également le même age que ta compagne.
Malheureusement, la maladie nous change et nous fait prendre conscience de certaines choses. En étant malade, on remets beaucoup de choses en question. Cela peut paraitre incompréhensible pour certains.
Je n'ai pas eu sa chance d'avoir quelqu'un auprès de moi pendant ma maladie et même encore maintenant car je suis toujours en traitement.
Il faut peut être que tu lui laisses du temps. Elle a peut etre des doutes et des angoisses par rapport à la maladie. Je ne sais pas si elle est suivie par un psychologue. Cela pourrait lui faire du bien.
Elle a peut etre peur de ne pas pouvoir t'offrir autant que tu veux lui offrir car cette maladie nous attaque aussi bien intérieurement qu'extérieurement. Et après un tel combat, on ne sera plus celle que l'on était avant.
J'ai deux filles de 9 ans et 7 ans1/2 et je rêvais d'avoir un troisième enfant. Tout le monde autour de moi me dit :"te plains pas tu as déja deux enfants". Malheureusement, je ne le vis pas aussi bien car mon corps a changé et mes projets ont changé et du pour certains faire une croix dessus.
Tu as été courageux d'être auprès d'elle pendant la maladie. Ce n'est pas donné à tout le monde. j'en parle en connaissance de cause.
Laisse lui du temps. La rupture est un peu fraîche. Il lui faut du temps pour se retrouver.
Si tu as besoin de parler n'hésite pas. Il y aura toujours quelqu'un ici pour te répondre. Ne reste pas à te poser mille questions. Ce n'est pas toi qui est en cause mais la maladie.
Bon courage

pierre r mar, 21/01/2014 - 12:23

Bonjour Karine

Merci beaucoup, tu es la première personne à confirmer ce qu'elle m'a écrit et à essayer de m'éclairer car je suis dans l'impasse. Le plus dur c'est que l'investissement sentimental et amoureux durant toute la période du traitement (2 ans entre l'opération et les injections) ou il a fallu que je sois fort et indestructible, l'accompagnant quasiment à chaque injection. Etre au plus près d'elle aux rendez-vous avec l'oncologue n'a pas été simple car il y avait à chaque fois l'angoisse des résultats des marqueurs. Des séances d'injections qui la rendait complètement ailleurs, vide de tout, avec des fatigues chroniques Moi-même me retrouvant dans des situations psychologiques compliquées de peur que les résultats basculent et que je la perde.
Je l'ai perdu quand même et je ne m'en remets pas. Elle est suivi maintenant tous les 3 à 4 mois avec les prochains examens début février et j'aimerai tant être avec elle, être présents pour les résultats.
Je suis un battant et même si je suis dans le trou, je ne vais pas et je ne veux pas laisser tomber. Je vais essayer de renouer un dialogue en lui proposant d'aller boire un verre quelque part. Il est existe sûrement des solutions d'aides et d'accompagnement pour les couples en éclat comme le mien car à ce jour elle n'est pas suivi psychologiquement.
Elle est parti chez sa sœur du jour au lendemain et je suis bien conscient que l'espoir qu'il me reste sera une vie totalement modifiée. Je vais sûrement lui proposer de revenir peut-être 1 fois ou 2 de temps en temps sans qu'il n'y ait le moindre rapport. Car c'est pareil la sexualité, elle n'en veut plus. Je ne sais pas si c'est une bonne idée après bientôt 2 semaines de silence radio mais je crois que j'ai besoin de cette démarche.
Je te remercie pour ton soutien, je connais presque par cœur toutes les démarches du cancer et je pense également à toi même si l'on ne se connais pas, dans ce terrible combat. Si tu n'as peut-être pas tout le réconfort que tu voudrais, tes filles sont une raison de vouloir se batte et d'avoir confiance. Moi-même ayant une petite fille de 4 ans d'une précédente union.
Les enfants ressentent et voient. Je l'ai bien vu le week-end dernier ou elle me voyait triste lorsqu'elle me demandait ou se trouvait ma compagne.
En rédigeant avec les larmes aux yeux, j'espère que ce n'est trop confus à lire. Je te remercie pour ton soutien.
Enormément de courage et surtout de volonté pour toi aussi

mamiej mar, 21/01/2014 - 12:42

bonjour, Renvoise. Il est dur en tant qu'accompagnant de comprendre le cheminement de nos malades. Votre douleur et votre chagrin sont bien légitimes. Mais je crois qu'il faut lui laisser un peu de temps , respecter sa demande d'éloignement. Profitez en pour vous faire aider , il existe des groupes de paroles pour accompagnant (voir avec votre ligue départementale ). Dire à votre compagne que vous êtes là quand elle en éprouve le besoin, ne pas la solliciter ( je sais c'est compliqué) . J'espère que vous allez pouvoir renouer le dialogue et reprendre une relation certes différente dans un premier temps. Courage à vous, votre compagne et votre puce ont besoin de vous et de votre force.

pierre r mar, 21/01/2014 - 13:06

Bonjour Mamiej

Respecter sa demande d'éloignement n'est-elle pas une occasion pour elle d'oublier notre relation qui finalement n'aura été construite que dans la maladie? puisque ça fait 2 ans 1/2 que nous étions ensemble dont 2 ans de cancer. 2 ans 1/2 avec mariage envisagé et emprunt sur 25 ans d'un logement. Je suis mal mais je compte aussi me préserver en allant voir un professionnel.

karine35 mar, 21/01/2014 - 13:28

Pierre,

Vas y petit à petit. Ne la brusque pas. Prends du temps également pour toi et ta puce. Comme le dit mamiej : fais toi aider par un professionnel que ce soit groupe de parole ou psychologue car à travers sa maladie, tu as également souffert. Et je pense que tu dois avoir pas mal de choses dont tu dois te décharger.
Envoie lui de temps en temps un petit message pour lui faire voir que tu penses à elle. Même si elle ne te répond pas, je pense qu'elle sera toucher par tes messages.
tiens moi au courant.
la vie est tellement compliquée, profite de chaque instant avec ta puce.

pierre r mar, 21/01/2014 - 14:21

Karine

J'ai en effet une petite fille que je vois 1 week-end end sur 2 et la moitié des vacances scolaires. J'ai toujours dit à ma compagne que je faisais ma vie avec elle et non pas avec ma fille. Les enfants grandissent, se construisent ont des besoins sur lesquels nous devons être présent mais un jour ils partent ce qui est normal et nous l'avons tous fait. Je ne veux pas me retourner en me disant qu'est ce que j'ai fait de ma vie à part répondre à tous leurs besoins. J'ai appris à travers le cancer de ma compagne que la vie est trop précieuse pour ne pas la centrer sur un évènement, un enfant une envie. J'aime ma fille profondément mais je crois que nous devons avoir du discernement et ne rien rater pour le regretter plus tard. Je ne sais pas ce qu'est le monde d'à côté et je ne veux pas le savoir mais il faut, s'en égoïsme ou arrière pensée, penser un peu à soi à l'avenir; aux goûts, aux constructions car il en va de nos équilibres. La vie qu'elle soit rose ou une guerre sans merci doit être vécue et sans regrets.

karine35 mar, 21/01/2014 - 17:09

tu sais en ce moment, je me retrouve un peu dans la situation de ta compagne. Je suis avec quelqu'un depuis quelques mois que j'ai rencontré en pleine tourmente et depuis peu, je songe à la séparation. Après ce que je vis n'est pas pareil que toi car lui ne m'accompagne jamais que ce soit en injection ou rdv avec les spécialistes. (sauf une fois à un rdv avec mon cancérologue). Là vendredi, j'ai ma chimio qui dure plusieurs heures et le rdv avec ma cancérologue et comme d'habitude, je serais seule.
Même au quotidien, je dois seule faire face. Mon envie du moment est de partir en voyage seule. Je passe le maximum de temps seule et je peux dire que l'on est en train de se perdre de vue. Lui passe ses après midis et ses soirées sur son ordinateur. On ne partage plus rien.
Je deviens égoïste. A 32 ans, je me lance dans la guitare bien que je n'ai aucune connaissance en musique.
Je ne veux pas avoir de regrets plus tard.

pierre r mar, 21/01/2014 - 18:22

Karine

Comme tu me l'a dit lors d'un écrit précédent tu es peut-être mal accompagnée voir pas accompagnée du tout. Je ne me permettrai absolument pas de porter un jugement sur un fonctionnement que je ne connais pas et encore moins des conseils.En effet c'est une comparaison qui ne peut être faite avec ma vie puisque j'ai eu la chance tout de même de vivre avec elle 6 mois sans problème de santé. Maintenant si je pose juste un petit regard sur ce que tu écrits je considère comme je l'ai toujours fait qu'un couple traverse des épreuves mais il y en a certain qui par profondeur des sentiments, le besoin intense de le rendre heureux ou heureuse est un incontournable. Je ne suis ni médecin ni psychologue mais je sais que nous sommes tous différents avec des approches différentes et une sensibilité différente. Moi je sais que j'ai besoin avec retenue de dire à une femme que je l'aime, qu'elle me manque et que ferai tout pour la rendre heureuse à partir du moment ou l'amour le respect et la confiance sont présents. Ce qui s'est produit avec bonheur pour moi et c'est pour ça que je ne lâcherai pas l'affaire de passer à côté du bonheur même si cela doit être dans quelques sacrifices et surtout dans l'incertitude. L'amour n'a pas de prix et c'est pas une saloperie de maladie qui m'arrêtera. Ce que tu exprimes me fait beaucoup penser à elle car tu te plonges dans la guitare sans aucune connaissance comme elle voulait peu à avant la fin de ses traitements changer de job pour se lancer dans la sophrologie, le bien-être ou l'assistance maternelle qui est aux antipodes de ce qu'elle est (contrôleur de gestion dans une grande entreprise). Et finalement elle croyait qu'elle avait besoin de changer de job mais avec le temps le problème était ailleurs et un problème de vivre en couple avec moi. Je ne suis absolument pas en mesure de te dire ce que tu dois faire compte tenu que moi-même j'ai un mal fou à comprendre une démission du couple. Le raisonnement soudain de tout quitter est une énigme profonde et complexe pour moi. Je n'était qu'un seul accompagnateur, un seul soutien dans l'adversité. Je sais que ça m'a anéanti mais le temps fera que ça me rendra fort. J'ai reproché à ma compagne d'être égoïste juste avant qu'elle s'en aille mais que puis-je faire sur un phénomène que je ne connais pas, et que par chance je n'ai pas vécu dans ma chair, mais auquel je me serais consacré comme jamais.

karine35 mar, 21/01/2014 - 18:53

Pierre,

j'ai le sentiment de me retrouver en ce que tu me décris de ta compagne. Ce n'est pas évident de trouver les mots pour exprimer ce que l'on ressent. Il faut qu'elle se retrouve en tant que femme car pendant ces deux ans, elle était une malade. Il y a une grande différence. Le fait de se retrouver seule face à elle même avec tous les changements que la maladie et les traitements lui ont apportés.
En tout cas, d'avoir été près d'elle, pendant ce combat, est une belle preuve d'amour. Peut être elle s'en veut de t'avoir fait subir tout cela ( c le sentiment que j'ai par rapport à mes enfants).

pierre r mer, 22/01/2014 - 00:13

Karine

Explique moi comment on se sent à l'intérieur, dans son être, dans son existence ce qui est le plus important. Vouloir redevenir femme ok. Ce n'est pas de l'indiscrétion juste pour essayer de comprendre pourquoi jeter, renoncer et tout abandonner. La vie ce n'est pas ça. La maladie modifie et transforme je peux le comprendre mais ce qui il y a de plus profond doit forcément rester. Je t'en demande peut-être trop compte tenu de la poursuite de ton traitement; n'hésite pas à me le dire car je ne souhaite pas te mettre mal à l'aise,ne surtout pas t'offusquer et encore moins être mal attentionné. Je suis juste désemparé. Pardonne moi ma faiblesse.

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