Mon amour est parti, mais il reste une immense cicatrice dans mon cœur
Je viens partager mon histoire dans l’espoir de trouver du soutien auprès de personnes qui ont vécu des situations similaires.
Mon compagnon, qui était aussi mon meilleur ami, mon frère de cœur et l’amour de ma vie, est décédé d’un cancer de l’estomac. J’ai mis longtemps à trouver les mots pour raconter ce que nous avons traversé. Même si la maladie a duré plusieurs mois et que j’ai eu le temps de me préparer à son départ, la douleur reste immense.
Nous étions ensemble, mais notre relation n’était pas reconnue par sa famille. Il ne leur avait jamais officiellement parlé de notre couple, même s’ils s’en doutaient probablement. Durant toute sa maladie, je me suis souvent senti ignoré et blessé par leur attitude. J’ai porté seul une grande partie de l’accompagnement, sans recevoir le moindre soutien ou mot d’encouragement.
Pendant ses traitements en oncologie, j’ai découvert un monde difficile. La plupart des infirmières étaient attentionnées, à l’écoute et très professionnelles. Je leur en serai toujours reconnaissant. Cependant, certaines situations m’ont profondément choqué. Je me souviens notamment d’une infirmière de laboratoire qui lui avait demandé pourquoi elle devait lui faire une prise de sang. Lorsqu’il lui a répondu qu’il avait un cancer, sa réaction m’a semblé tellement déplacée que j’ai demandé à ne plus avoir affaire à elle.
Au fil des mois, son état s’est dégradé. Il perdait du poids, ne parvenait plus à s’alimenter correctement et cachait parfois la nourriture qu’il n’arrivait plus à manger. Le voir s’affaiblir était extrêmement douloureux. C’était pourtant quelqu’un de très fort, physiquement et mentalement. Je ne l’avais vu pleurer que deux fois dans sa vie : lors du décès de sa mère et face à son cancer.
Il souffrait déjà d’autres problèmes de santé avant cette maladie, notamment des séquelles pulmonaires liées à une tuberculose ainsi que d’autres complications médicales. Malgré tout, il a toujours essayé de rester digne et courageux.
Sa famille, quant à elle, prenait très peu de nouvelles. Selon lui, seule sa sœur connaissait réellement sa situation. Pourtant, durant toutes ces années de maladie, je n’ai jamais ressenti une véritable implication de leur part.
Lorsque son oncologue a commencé à évoquer les soins palliatifs, j’ai compris que nous approchions d’une phase très difficile. Après une réunion médicale, il est rentré chez moi dans un état inquiétant. Il ne mangeait presque plus, prenait mal ses traitements et son état général se détériorait rapidement.
Avec l’aide de ma mère, qui m’a beaucoup soutenu, nous avons essayé de contacter un membre de sa famille. Un homme que j’appellerai « H » est alors intervenu. Son attitude m’a immédiatement mis mal à l’aise. Malgré cela, nous avons finalement appelé les secours et mon compagnon a été transporté aux urgences.
Lorsque je suis allé le voir, j’ai compris qu’il lui restait peu de temps à vivre. Son cœur battait faiblement. Pendant ce temps, cet homme me réclamait déjà son passeport et ses documents médicaux afin d’organiser un rapatriement en Algérie. J’étais sous le choc et je lui ai remis les documents sans réaliser que certains étaient très personnels. Ils ne m’ont jamais été restitués.
Par la suite, mon compagnon a été transféré dans une unité de soins palliatifs. Je savais que la fin approchait. Je lui ai dit au revoir en lui demandant de m’attendre là-haut.
Le jour de son décès reste gravé dans ma mémoire. Je l’ai vu une dernière fois dans sa chambre. J’ai également constaté des comportements étranges de la part de certaines personnes présentes autour de lui. Même une responsable du service m’a fait remarquer qu’elle trouvait l’attitude de « H » particulière.
Après son décès, son corps a été rapatrié en Algérie. Je n’ai reçu aucune information sur les obsèques ni sur leur déroulement. J’ai trouvé cela très douloureux et irrespectueux après tout ce que nous avions traversé ensemble.
Par la suite, j’ai découvert plusieurs mensonges concernant cet homme « H », notamment sur son identité. J’ai également essayé de garder un lien avec la sœur de mon compagnon, à qui j’ai envoyé certaines de ses plus belles photos. Mais les échanges sont restés très difficiles. J’ai même été bloqué par certains membres de sa famille sur les réseaux sociaux.
J’ai finalement décidé de couper tout contact. Ma psychologue m’a expliqué que je subissais une forme d’agression passive et que j’avais fait ce qu’il fallait pour me protéger. Elle m’a également rappelé que j’avais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour accompagner mon compagnon jusqu’au bout.
Aujourd’hui encore, il me manque terriblement. J’ai le sentiment que sa famille s’est largement déchargée de la maladie sur moi, alors que j’ai été présent au quotidien dans les moments les plus difficiles.
Merci à ceux qui auront pris le temps de me lire. J’avais besoin de partager cette histoire et d’honorer la mémoire de celui que j’aimais.
Mon amour est parti, mais il reste une immense cicatrice dans mon cœur
Je viens partager mon histoire dans l’espoir de trouver du soutien auprès de personnes qui ont vécu des situations similaires.
Mon compagnon, qui était aussi mon meilleur ami, mon frère de cœur et l’amour de ma vie, est décédé d’un cancer de l’estomac. J’ai mis longtemps à trouver les mots pour raconter ce que nous avons traversé. Même si la maladie a duré plusieurs mois et que j’ai eu le temps de me préparer à son départ, la douleur reste immense.
Nous étions ensemble, mais notre relation n’était pas reconnue par sa famille. Il ne leur avait jamais officiellement parlé de notre couple, même s’ils s’en doutaient probablement. Durant toute sa maladie, je me suis souvent senti ignoré et blessé par leur attitude. J’ai porté seul une grande partie de l’accompagnement, sans recevoir le moindre soutien ou mot d’encouragement.
Pendant ses traitements en oncologie, j’ai découvert un monde difficile. La plupart des infirmières étaient attentionnées, à l’écoute et très professionnelles. Je leur en serai toujours reconnaissant. Cependant, certaines situations m’ont profondément choqué. Je me souviens notamment d’une infirmière de laboratoire qui lui avait demandé pourquoi elle devait lui faire une prise de sang. Lorsqu’il lui a répondu qu’il avait un cancer, sa réaction m’a semblé tellement déplacée que j’ai demandé à ne plus avoir affaire à elle.
Au fil des mois, son état s’est dégradé. Il perdait du poids, ne parvenait plus à s’alimenter correctement et cachait parfois la nourriture qu’il n’arrivait plus à manger. Le voir s’affaiblir était extrêmement douloureux. C’était pourtant quelqu’un de très fort, physiquement et mentalement. Je ne l’avais vu pleurer que deux fois dans sa vie : lors du décès de sa mère et face à son cancer.
Il souffrait déjà d’autres problèmes de santé avant cette maladie, notamment des séquelles pulmonaires liées à une tuberculose ainsi que d’autres complications médicales. Malgré tout, il a toujours essayé de rester digne et courageux.
Sa famille, quant à elle, prenait très peu de nouvelles. Selon lui, seule sa sœur connaissait réellement sa situation. Pourtant, durant toutes ces années de maladie, je n’ai jamais ressenti une véritable implication de leur part.
Lorsque son oncologue a commencé à évoquer les soins palliatifs, j’ai compris que nous approchions d’une phase très difficile. Après une réunion médicale, il est rentré chez moi dans un état inquiétant. Il ne mangeait presque plus, prenait mal ses traitements et son état général se détériorait rapidement.
Avec l’aide de ma mère, qui m’a beaucoup soutenu, nous avons essayé de contacter un membre de sa famille. Un homme que j’appellerai « H » est alors intervenu. Son attitude m’a immédiatement mis mal à l’aise. Malgré cela, nous avons finalement appelé les secours et mon compagnon a été transporté aux urgences.
Lorsque je suis allé le voir, j’ai compris qu’il lui restait peu de temps à vivre. Son cœur battait faiblement. Pendant ce temps, cet homme me réclamait déjà son passeport et ses documents médicaux afin d’organiser un rapatriement en Algérie. J’étais sous le choc et je lui ai remis les documents sans réaliser que certains étaient très personnels. Ils ne m’ont jamais été restitués.
Par la suite, mon compagnon a été transféré dans une unité de soins palliatifs. Je savais que la fin approchait. Je lui ai dit au revoir en lui demandant de m’attendre là-haut.
Le jour de son décès reste gravé dans ma mémoire. Je l’ai vu une dernière fois dans sa chambre. J’ai également constaté des comportements étranges de la part de certaines personnes présentes autour de lui. Même une responsable du service m’a fait remarquer qu’elle trouvait l’attitude de « H » particulière.
Après son décès, son corps a été rapatrié en Algérie. Je n’ai reçu aucune information sur les obsèques ni sur leur déroulement. J’ai trouvé cela très douloureux et irrespectueux après tout ce que nous avions traversé ensemble.
Par la suite, j’ai découvert plusieurs mensonges concernant cet homme « H », notamment sur son identité. J’ai également essayé de garder un lien avec la sœur de mon compagnon, à qui j’ai envoyé certaines de ses plus belles photos. Mais les échanges sont restés très difficiles. J’ai même été bloqué par certains membres de sa famille sur les réseaux sociaux.
J’ai finalement décidé de couper tout contact. Ma psychologue m’a expliqué que je subissais une forme d’agression passive et que j’avais fait ce qu’il fallait pour me protéger. Elle m’a également rappelé que j’avais fait tout ce qui était en mon pouvoir pour accompagner mon compagnon jusqu’au bout.
Aujourd’hui encore, il me manque terriblement. J’ai le sentiment que sa famille s’est largement déchargée de la maladie sur moi, alors que j’ai été présent au quotidien dans les moments les plus difficiles.
Merci à ceux qui auront pris le temps de me lire. J’avais besoin de partager cette histoire et d’honorer la mémoire de celui que j’aimais.