À ceux qui se battent

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FCM

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ce message.

Parce qu’il y a des choses qu’on ne sait pas vraiment comment raconter.

Cette année, j’ai découvert le cancer de très près.

J’ai 27 ans.

Mon compagnon a eu un cancer. J’ai vécu avec lui les examens, l’attente, les rendez-vous, les traitements, les moments où l’on essaie de rester fort alors qu’au fond, on a terriblement peur.

Et aujourd’hui, il va bien.

Il est là.

Il rit, il fait des projets, il râle pour des petites choses du quotidien… et parfois je le regarde et je me dis simplement : quelle chance.

Parce qu’on oublie à quel point une vie ordinaire est extraordinaire jusqu’au jour où l’on risque de la perdre.

Et puis, en mai, j’ai perdu ma maman.

Elle aussi avait un cancer.

Et il y a quelque chose de très difficile à expliquer quand on a vécu ces deux histoires en même temps.

D’un côté, quelqu’un qu’on aime qui s’en sort.

De l’autre, quelqu’un qu’on aime qui ne rentre plus jamais à la maison.

Alors forcément, ma façon de regarder la vie a changé.

Je ne crois plus vraiment aux phrases toutes faites.

Je ne crois pas qu’il suffise de « penser positif ».

Je ne crois pas qu’il faille être fort tout le temps.

Et je ne crois surtout pas qu’il existe une garantie que tout finira bien.

Parce que parfois, malgré tout l’amour du monde, malgré tous les traitements, malgré tous les espoirs, on perd quelqu’un.

Je le sais maintenant.

Mais justement…

Je crois encore plus fort à l’espoir.

Pas à l’espoir naïf qui nous promet que tout ira forcément bien.

À un autre espoir.

Celui qui nous fait nous lever le matin alors qu’on a peur.

Celui qui nous fait croire au prochain résultat.

Celui qui nous fait faire des projets alors qu’on ne sait pas exactement ce que demain nous réserve.

Celui qui nous permet de rire au milieu d’une période difficile.

Celui qui nous fait continuer à aimer, même après avoir connu la perte.

Parce que je crois que l’espoir, ce n’est pas être certain de gagner.

C’est continuer à croire que la vie mérite d’être vécue, même quand on sait qu’elle peut nous faire terriblement mal.

Et ça, je l’ai compris grâce à ma maman.

Depuis qu’elle est partie, je pense énormément au temps.

À toutes ces choses qu’on remet à demain.

On croit qu’on aura le temps.

On pense qu’on appellera plus tard.

Qu’on fera ce voyage un jour.

Qu’on prendra cette photo une prochaine fois.

Qu’on dira cette chose quand le moment sera plus approprié.

Qu’on profitera davantage quand on aura moins de travail.

Qu’on vivra vraiment quand tout ira mieux.

Mais la vérité, c’est qu’on ne sait jamais combien de « plus tard » il nous reste.

Alors aujourd’hui, j’essaie de vivre différemment.

Je veux dire « je t’aime » quand je le pense.

Je veux prendre les photos, même imparfaites.

Je veux garder les petits souvenirs.

Je veux partir quand j’en ai l’occasion.

Je veux rire beaucoup.

Je veux faire des projets.

Je veux profiter des repas qui durent trop longtemps, des discussions inutiles, des dimanches tranquilles, des couchers de soleil, des moments où il ne se passe absolument rien.

Parce que j’ai compris que le bonheur n’est pas forcément dans les grandes victoires.

Il est souvent caché dans les choses que l’on ne remarque même pas quand tout va bien.

Et à toutes les personnes qui se battent aujourd’hui…

J’aimerais tellement pouvoir vous dire quelque chose qui vous enlèverait votre peur.

Mais je ne peux pas.

Alors je vais vous dire autre chose.

Accrochez-vous à la vie.

Pas uniquement à la guérison.

À la vie.

À ceux qui vous aiment.

À ceux qui vous font rire.

À vos rêves.

À vos petits projets.

À votre chanson préférée.

À votre animal qui vient vous chercher le matin.

À ce café que vous aimez.

À cette personne que vous avez envie de revoir.

À ce voyage que vous voulez faire.

À toutes ces petites choses qui vous rappellent que vous êtes encore là.

Et si certains jours vous n’avez pas la force d’être courageux, ce n’est pas grave.

Laissez quelqu’un être courageux pour vous.

Laissez-vous porter.

Demandez de l’aide.

Pleurez.

Dormez.

Criez.

Puis recommencez demain.

Il n’y a aucune honte à avancer lentement.

Il n’y a aucune honte à avoir peur.

Il n’y a aucune honte à espérer.

Et surtout, ne laissez personne vous faire croire que votre peur signifie que vous avez perdu votre force.

Parfois, être fort, c’est simplement continuer à avancer avec les jambes qui tremblent.

Je sais aujourd’hui qu’on ne sauvera pas tout le monde.

Cette phrase me brise le cœur, mais je sais qu’elle est vraie.

Mais je sais aussi autre chose.

On peut parfois retrouver la vie là où on pensait l’avoir perdue.

Je l’ai vu.

Je l’ai vécu avec mon compagnon.

Et même si ma maman n’est plus là, tout ce qu’elle m’a donné continue, d’une certaine manière, à vivre en moi.

Alors oui, j’ai peur de la vie parfois.

Oui, je sais maintenant qu’elle peut être injuste.

Oui, je sais qu’elle peut nous arracher des personnes qu’on pensait garder pour toujours.

Mais malgré tout ça…

je choisis encore de croire en elle.

Je choisis de croire aux bonnes nouvelles.

Je choisis de croire aux rémissions.

Je choisis de croire aux secondes chances.

Je choisis de croire aux lendemains.

Je choisis de croire qu’il peut encore y avoir énormément de beauté après les périodes les plus sombres.

Et surtout, je choisis de croire que tant qu’il y a un aujourd’hui, il y a quelque chose à vivre.

Alors à toutes celles et ceux qui se battent :

ne vous battez pas seulement pour ajouter des jours à votre vie.

Essayez, quand vous le pouvez, d’ajouter de la vie à vos jours.

Aimez fort.

Espérez fort.

Vivez fort.

Et même quand la peur vous dit que tout est fini…

gardez une petite place pour croire que peut-être, demain, une bonne nouvelle arrivera.

Je vous le souhaite de tout mon cœur.

Parce que parfois, une bonne nouvelle suffit à changer toute une vie. ❤️

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