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"Et soudain vint l'orage ..." - un témoignage face à la maladie
Un mois après ses 25 ans, Louise Blanchard apprend qu'elle est atteinte d'un cancer. Avec cet ouvrage, elle témoigne pour aider d'autres personnes à surmonter cette épreuve.
Bonjour Louise, pouvez-vous vous présenter à nos internautes ?
Je m’appelle Louise Blanchard depuis maintenant 31 ans. J’ai réalisé des études de kiné en Belgique avant de sillonner le sud de la France pour travailler.
Un mois après mes 25 ans, je n’ai pas fêté mon anniversaire mais l’annonce d’un cancer. Un lymphome pour être plus exacte. C’est un cancer qui touche énormément de jeunes et dont l’origine est totalement inconnue. L’annonce a été très violente et très inattendue : un jour je travaillais et le lendemain je passais un scanner, on m’annonçait mon cancer et on me gardait hospitalisée sous surveillance pendant une dizaine de jours avant que je puisse remettre un pied chez moi.
C’est à cette période que se passe mon récit étalé sur 3 années car tout ne s’est pas passé comme prévu.
J’aimerai tourner la page sur cet épisode de ma vie en la partageant, persuadée qu’elle pourra aider d'autres personnes, d’une manière ou d’une autre. A vous d’en juger !
Aujourd’hui, j’ai reconstruit ma vie en Isère, où j’exerce à nouveau ma profession.
Votre titre est très évocateur : pourquoi avoir choisi « Et soudain vint l’orage » ?
Tout est parti d’un croquis en formation. Je me suis mise à gribouiller ce qui allait devenir ma future première page de couverture. Les traits me sont venus aussi spontanément que la petite phrase écrite au-dessus à la fin, à savoir : « Et soudain vint l’orage …».
Quand l’éditrice m’a suggéré un titre, ce vieux dessin m’est revenu en tête pour devenir rien de plus que l’intitulé et l’image de mon ouvrage.
Me concernant, l’annonce a été aussi violente qu’un orage s’abattant sur une personne sans abris. La veille d’un examen médical je travaillais auprès de mes patients et le lendemain : je passais ce fameux scanner, on m’annonçait un cancer, on me gardait hospitalisée pendant 10 jours sans possible retour chez moi et sans autres affaires que mon sac à main et on tentait une petite opération pour me prélever un morceau de tumeur qui fut un échec. Niveau transition en douceur, j’ai connu mieux.
J’étais loin de me douter que je n’allais pas pouvoir retravailler pendant plusieurs années à la suite de cet examen médical qui n’était pour moi qu’une formalité. La tempête de mauvaises nouvelles s’est enchainée et la foudre de conséquence s’est abattue un peu partout sans prévenir. Mais on ne contrôle pas les éléments de la nature.
On ne peut qu’attendre que l’orage passe pour laisser place au soleil, bien que celui-ci laissera des séquelles visibles sur le sol.
Sur un plan très personnel, que vous a apporté l’écriture de cet ouvrage ?
J’ai commencé à écrire une semaine après mon hospitalisation. Trop d’émotions se bousculaient dans ma tête. J’implosais sous ce torrent d’incertitudes. Personne ne pouvait me promettre que j’allais m’en sortir, ne connaissant pas la nature tumorale. J’avais besoin de me décharger l’esprit qui tourbillonnait sans cesse. Après avoir posés les mots sur mon clavier, je me sentais déchargée. Je laissais une partie de mon fardeau sur mon écran et je me sentais plus légère et plus apaisée. Mon ordinateur est devenu mon meilleur ami, ma thérapie. Il me permettait de clarifier mes émotions. Je n’aurais jamais pu tenir sans ce journal intime. Je notais tout sans filtre et impossible d’être jugé par son PC contrairement à une personne.
J’ai décidé de ne pas le bruler car j’avais besoin de garder une trace de mon parcours afin de ne pas oublier la chance d’être vivante.
Enfin, que souhaitez-vous que vos lecteurs ressentent en refermant « Et soudain vint l’orage» ?
J’aimerais que les patients sachent qu’ils ne sont pas seuls à ressentir ces émotions. Bien que les types de cancer, les types de traitement et la singularité de chaque parcours soient différents, beaucoup de similitudes nous rassemblent. Il est plus facile de se comprendre entres patients. J’aimerais aider ceux qui ne trouvent pas les mots.
J’aimerais également pouvoir donner des indications aux aidants et proches de malades afin qu’ils sachent ce qu’il se passe dans nos petites têtes et d’avoir des clés pour comprendre parfois nos réactions et nos états.
Enfin j’aimerais sensibiliser les soignants et tout autre personne sur l’impact des mots qui nous conditionnent pour la suite. Les mots résonnent. Je veux mettre l’accent autant sur les maladresses que sur les phrases qui nous donnent le courage et la force de continuer. Je veux que les gens sachent qu’un patient n’est pas qu’un traitement mais une personne qui vit, qui attend, qui espère.