Dans un parcours marqué par la maladie, la socio-esthétique offre bien plus qu’un soin. Elle permet de retrouver confiance, se réapproprier son image et s’accorder un moment de douceur. Un accompagnement discret, mais profondément essentiel. Découvrez le portrait de Marjorie, Socio-esthéticienne qui intervient auprès des patients depuis 2014.
Rencontre avec Marjorie Lorentz, socio-esthéticienne
Une parenthèse essentielle
Une parenthèse essentielle
Retrouvez son interview ci-dessous
Bonjour Marjorie, peux-tu te présenter ?
Marjorie : « Bonjour, je m’appelle Marjorie, j’ai 38 ans et suis socio-esthéticienne. J’interviens sur le site hospitalier du Mittan depuis 2014. Je suis salariée de la Ligue contre le cancer depuis 2019, mais en réalité, la Ligue a toujours financé mon poste »
Quel a été ton parcours avant d’en arriver là ?
Marjorie : « J’ai obtenu un diplôme en esthétique et j’ai commencé par travailler en institut pendant plusieurs années, où j’ai appris les bases du métier avec les soins classiques : soins du visage, massages, onglerie… Mais au bout d’un moment, j’ai ressenti le besoin de faire évoluer ma pratique ».
Qu’est-ce qui t’a donné envie de te diriger vers la socio-esthétique ?
Marjorie : « Je viens d’une famille très tournée vers le médical. Ma maman est infirmière, mon frère aussi. J’ai toujours été attirée par cet univers. Je n’avais pas forcément envie d’être soignante, mais j’avais envie d’être utile. Et puis, avec le temps, on est tous confrontés à la maladie dans notre entourage. Ça fait réfléchir… J’ai découvert la socio-esthétique, j’ai fait un stage… et ça a été une évidence. »
Quelle formation as-tu suivie pour devenir socio-esthéticienne ?
Marjorie : « Je me suis formée au CODES à Tours pendant environ six mois, dans une école spécialisée. C’est une des premières écoles où le diplôme est reconnu par l’État. La socio-esthétique nécessite à la fois un diplôme d’esthétique et une formation complémentaire spécifique.
Qu’apprend-on concrètement dans cette formation ?
Marjorie : « On n’apprend pas forcément de nouveaux gestes techniques, mais surtout une autre manière de travailler. On apprend à s’adapter aux patients avec des notions de dermatologie, oncologie et accompagnement humain. »
As-tu fait des stages ?
Marjorie : « Oui, dans différents domaines. J’ai eu environ 2 mois de stages (en plus de la formation), encadrés par des socio-esthéticiennes diplômées, dans différents services : en oncologie, gérontologie, psychiatrie, et addictologie. Ça permet vraiment de voir des publics très différents et de s’adapter. »
En quoi consiste ton métier aujourd’hui ?
Marjorie : « Mon métier repose sur l’écoute, les conseils et les soins. Nous intervenons dès le début des traitements. Nous travaillons beaucoup dans l’anticipation. Préparer les patients aux effets secondaires permet de mieux vivre les traitements. On explique aux patients comment hydrater leur peau, comment protéger leurs ongles, comment anticiper la chute des cheveux etc... Certaines personnes ont déjà ces habitudes, d’autres pas du tout. Ce travail en amont est très important parce que ça change complètement la manière de vivre les traitements et effets secondaires. Si on accompagne bien dès le début, les patients vivent mieux les choses. »
Concrètement, comment se déroulent les soins ?
Marjorie : « Nous pouvons être sollicités par les équipes médicales ou directement par les patients. Le bouche-à-oreille fonctionne beaucoup. Nous proposons des soins adaptés. Ça peut être des soins du visage, des massages, des soins des mains, des pieds… Chaque geste est adapté à la personne, à son état et à ses traitements. On ne fait pas du tout les mêmes soins qu’en institut. Ici on prend le temps, on privilégie la douceur, l’hydratation, la détente. Souvent on commence par un premier échange, des conseils, un suivi puis un soin. Il faut d’abord créer une relation de confiance. Les soins impliquent le toucher et cela peut être parfois difficile dans ce contexte. On peut recevoir les patients dans une salle de soins, mais aussi intervenir directement pendant leurs traitements en chambre, pendant les séances de chimiothérapie ou en hospitalisation. »
Comment organises-tu tes priorités ?
Marjorie : « On va voir en priorité les personnes qui commencent un traitement et celles qui présentent des effets secondaires visibles. Dès qu’il y a un impact sur la peau, les cheveux ou les ongles, on intervient. »
Comment accompagnes-tu les patientes face à la chute des cheveux par exemple ?
Marjorie : « La chute des cheveux, surtout pour les femmes, c’est un vrai choc et c’est souvent la première angoisse. On leur explique quand la chute peut/va arriver, comment elle va se passer, ce qu’elles peuvent ressentir…En général, ça arrive entre deux et trois semaines après le début des traitements même si ça peut varier d’une personne à l’autre et selon le type de traitement. On donne des informations et conseils, notamment pour les perruques. On leur explique les différentes options, les modalités de remboursements, vers quels professionnels se tourner etc… ce sont des choses qu’elles ne connaissent pas forcément. »
Travailles-tu seule ?
Marjorie : « Non, jamais. C’est un travail d’équipe. On travaille vraiment tous ensemble avec les médecins, les infirmiers, les psychologues, les diététiciens … : on échange beaucoup. C’est un vrai travail pluridisciplinaire d’accompagnement et si un patient a un besoin spécifique, on le redirige vers le bon professionnel. »
Tu proposes aussi des ateliers au siège du comité de Montbéliard, peux-tu en parler?
Marjorie : « Oui, des ateliers pour restaurer «l’image de soi », en collaboration avec Marie-Claire, psychologue de la Ligue, on propose : maquillage, conseil en image et colorimétrie. Ces ateliers se déroulent en petits groupes. Pour le maquillage par exemple, je fais un côté du visage, et ensuite je laisse faire la patiente. Le but, ce n’est pas juste qu’elle soit maquillée sur le moment mais qu’elle puisse le refaire chez elle. Il y à aussi une fois par mois un atelier de nouage de foulards. C’est très important. C’est une autre façon de prendre soin de soi. Ça permet aussi de retrouver des gestes du quotidien. »
Qu’est-ce que ce métier t’apporte ?
Marjorie : « Le sentiment d’être utile. Être là au moment où les patients en ont besoin, c’est essentiel. J’aime mon métier surtout pour ça»
Qu’est-ce qui te marque le plus ?
Marjorie : Les retours des patients. Parfois, c’est juste une phrase : “heureusement que je vous ai vue”, « ça fait du bien ! Pas que physiquement mais moralement » … Et ça donne du sens à tout.
Pour prendre RDV :
Pour prendre RDV :
Vos socios estheticiennes Amélie et Marjorie sont présente sur le site du Mittan HNFC à Montbéliard
Amélie (mercredi et vendredi) : tél 03.81.98.89.92 / amelie.nauroy@hnfc.fr
Marjorie (du lundi au jeudi) : tél 03.81.98.88.41 / marjorie.lorentz@hnfc.fr
Contact Ligue : 03.81.95.28.29
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Rue Pierre et Marie Curie
25200 Montbéliard
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