Proches aidants

Accompagner les jeunes confrontés au cancer d’un proche : une aide essentielle pour toute la famille

Lorsqu’un cancer touche un parent ou un proche, toute la famille est concernée. Souvent silencieux face à leurs inquiétudes, les enfants et adolescents vivent eux aussi les conséquences de la maladie. Pour les aider à traverser cette période difficile, la Ligue contre le cancer propose des accompagnements adaptés à leurs besoins. 
 
Entretien avec Stéphanie, psychologue, qui accompagne ces jeunes au quotidien.
Image
Stéphanie psy

Témoignage

Accompagner les jeunes face à la maladie d’un proche

 
Le regard de Stéphanie rappelle combien il est essentiel de prendre en compte la place des enfants lorsqu’un cancer survient dans une famille. En leur offrant un espace d’écoute et d’expression, l’accompagnement contribue à les rassurer, à renforcer les liens familiaux et à aider chacun à trouver sa place face à la maladie.

Pourquoi est-il important d’accompagner les jeunes confrontés au cancer d’un proche ?

Pour Stéphanie, les enfants ne sont jamais spectateurs de la maladie.
« Les enfants font partie de la famille et sont directement impactés par la maladie ainsi que par les différents changements et perturbations qu’elle entraîne dans le quotidien familial. Un enfant qui s’inquiète et se pose des questions va souvent imaginer pire que la réalité. Lorsqu’il sent ses parents en difficulté, il peut aussi garder ses propres inquiétudes pour lui afin de ne pas leur en rajouter. »
 
Dans ce contexte, la rencontre avec un professionnel peut jouer un rôle essentiel.
« Rencontrer un adulte qui connaît la maladie et son quotidien, et avec qui la parole est possible, contribue à le rassurer. Cela lui montre qu’il est possible de parler de la maladie et que cette parole fait du bien. »
 

Quels accompagnements proposons-nous aux jeunes ?

La Ligue contre le cancer propose des accompagnements individuels et collectifs, construits autour d'outils adaptés à l'âge et aux besoins des enfants.
« Là où, avec les adultes, l’outil principal est l’entretien clinique et donc la parole, avec les enfants il faut être inventif. Le jeu, la lecture, le dessin, le collage, l’écriture de leur histoire sous forme de petits livres ou encore les bulles de savon pour apprendre une façon de respirer qui aide à se recentrer lorsque l’émotion devient trop envahissante : les moyens sont multiples. »
 
Chaque accompagnement est pensé sur mesure.
« Chaque prise en charge nous oblige à imaginer des outils qui feront sens pour l’enfant et lui permettront de trouver ses propres moyens d’expression pour oser aller à la rencontre de ce qu’il vit. »
 
Dans les accompagnements individuels, la relation de confiance est primordiale.
« L’enfant doit pouvoir nous sentir disponibles, accessibles, concernés et engagés à ses côtés. Il faut gagner sa confiance et installer suffisamment de sécurité pour qu’il puisse mettre des mots sur ses angoisses, ses émotions et ses questionnements. »
 
Les groupes apportent également un soutien précieux.
« Rencontrer d’autres enfants qui vivent une situation similaire leur fait beaucoup de bien. Ils réalisent qu’ils ne sont pas les seuls à traverser cela. C’est d’ailleurs ce que nous disent souvent les enfants lorsqu’ils découvrent des livres qui abordent la maladie. »
 

Quels bénéfices observez-vous chez les jeunes accompagnés ?

Stéphanie constate avant tout un apaisement chez les enfants qu'elle accompagne.
« Les enfants découvrent qu’ils possèdent des ressources en eux. Cela les rend souvent heureux, car ils se sentent moins démunis et ont le sentiment de participer, à leur niveau, à restaurer un certain équilibre dans la famille. »
 
Au-delà des jeunes eux-mêmes, c'est toute la famille qui bénéficie de cet accompagnement.
« Aider les enfants, c’est aussi aider les parents. Cela réinscrit l’ensemble de la famille dans le partage de ce qu’elle vit à travers la maladie. »
 
Les parents sont d'ailleurs les premiers témoins des évolutions observées.
« Les parents me rapportent souvent un apaisement chez leur enfant, une parole plus ouverte dans la famille autour de la maladie, des enfants qui se remettent à jouer là où ils semblaient parfois s’éteindre, ou encore une restauration de chacun dans sa place au sein de la famille lorsque certains enfants avaient tendance à se parentaliser pour venir en aide à leurs proches. »
 
Pour Stéphanie, l'essentiel reste de permettre aux enfants de comprendre qu'ils ont le droit de parler de la maladie.
« Progressivement, les enfants découvrent que la parole est possible autour de la maladie, qu’ils n’ont pas à en avoir peur et qu’au contraire, elle permet de sécuriser le lien entre les parents et l’enfant, là où l’angoisse tend parfois à isoler chacun dans ses propres inquiétudes. »
 

Soutenir les enfants, c’est aussi soutenir les familles

En donnant aux jeunes un espace pour comprendre, exprimer et partager ce qu’ils traversent, la Ligue contre le cancer accompagne l’ensemble de la famille face à la maladie. Parce qu’aider un enfant à mettre des mots sur ses émotions, c’est aussi lui permettre de retrouver sa place d’enfant et de grandir malgré l’épreuve.
FacebookTwitterLinkedInPrint

D'autres actualités qui pourraient vous intéresser