Paroles de personnes malades

Quand la maladie touche à l'intime

Aborder son cancer peut s'avérer être compliqué, surtout quand cela peut relever d'un tabou. Récemment touché par un cancer du pénis, Jocelyn témoigne pour briser le silence. Parce qu'en parler, c'est déjà une victoire et un premier pas vers l'acceptation.

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Visuel actu témoignage Jocelyn

‘Si ce témoignage peut aider une seule personne, un homme, une femme, à oser parler, à consulter, à partager, alors il aura servi. Il n’y a aucune honte à être malade. Aucune honte à dire les choses. Même quand cela touche à ce qu’il y a de plus intime.’

Le cancer est un combat que l'on ne peut mener seul…

« "2026 : nouveau chapitre, nouveau combat, même sourire". Sur mon réseau social personnel, j'ai annoncé que j'étais touché par un cancer… Je n’ai pas précisé de quelle nature ni depuis quand. Ce n’était pas par mystère, c’était parce que ce n’est pas facile d’en parler. Parce que cela touche à l’intime. Parce que, oui, il y a une forme de pudeur et parfois même un peu de honte.

On parle souvent de courage dans cette épreuve, cette bataille contre cette maladie, alors j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains pour dire clairement que j'étais atteint d’un cancer du pénis. Avant que cela ne me touche, je n’en avais jamais entendu parler. Mon médecin traitant m’a confié qu'en 25 ans de carrière, j’étais son premier cas. Le choc a été brutal. Psychologiquement violent.

Ce choc émotionnel a été amplifié par une "déflagration" dès lors que, assez vite après le début des examens, on m’a annoncé qu’il y avait un grand risque, bien réel, d’en arriver à un acte chirurgical ultime... L’ablation de mon sexe, car la tumeur, pour reprendre le terme du spécialiste "est méchante". Tout s’effondre, le moral, les nuits sans sommeil, les journées sombres, les repères, l’image de soi, l’avenir. Le monde s’arrête net.

J’ai donc été opéré en urgence en octobre dernier et incapable d’en parler ouvertement avant mon premier message de janvier. Suite à cette opération, d’examens en examens, de spécialistes en spécialistes, il n’y a plus eu de risque pour cette ultime opération... Le pénis est sauvé, je revois encore le chirurgien me regarder dès la fin de l’intervention et l’acte chirurgical de ce vendredi 13 février sous anesthésie local avec un petit sourire naissant et me dire : "c’est bon". Je ne cache pas que j’ai directement senti monter quelques larmes de joie. Première victoire, mais la guerre n’est pas finie.

"Mon pénis est sauvé". Oui, dit comme ça, cela peut paraître étrange à lire mais quand on comprend ce que cela représente, on comprend aussi l’immense soulagement.

La guerre, elle, n’est pas terminée les combats continuent, car l’ensemble de tous ces examens révèlent aussi que cet ennemi a gagné du terrain, des cellules cancéreuses qui se propagent, des métastases migrantes, de nouvelles formations tumorales, les ganglions lymphatiques, le système urologique est attaqué. Une nouvelle opération est programmée, plus lourde cette fois.

On parle beaucoup du malade, mais pas assez de celles et ceux qui accompagnent, soutiennent, encaissent, portent parfois en silence une part immense du combat. Leur présence est précieuse, souvent invisible et d’une force admirable.

Je vis seul. Des nuits plus longues que les journées, des pensées qui tournent, des silences. Il est aussi vrai que faire face à un cancer lorsqu’on est seul n’est pas simple. Même entouré, soutenu, accompagné par la famille, les amis, les équipes hospitalières et l’ensemble des professionnels de santé, il y a ces moments du quotidien où la solitude reprend sa place. Les nuits plus longues que les journées, mais cela n’enlève rien à la bienveillance et au soutien que je reçois de près ou de loin, bien au contraire. Je sais que je peux compter sur eux. Leur présence, leurs mots, leurs gestes, parfois même leur simple écoute, sont d’une valeur inestimable. Et souvent, ils ne mesurent pas à quel point cela aide.

C’est justement pour cela que je publie ce message. Parce que parler est déjà une victoire et se confier n'est pas une faiblesse. Rester seul avec la maladie est probablement le plus dur des combats.

Si ce témoignage peut aider une seule personne, un homme, une femme, à oser parler, à consulter, à partager, alors il aura servi. Il n’y a aucune honte à être malade. Aucune honte à dire les choses... Même quand cela touche à ce qu’il y a de plus intime.

Et oui, malgré tout, je continue à croire profondément que la vie est belle et qu’elle vaut le coup d’être vécue. Alors, le combat continue ! »

Titre du bloc 205v

Quelques chiffres en France

Liste des chiffres-clés

400 à 500 nouveaux cas

du cancer du pénis sont diagnostiqués chaque année.

245 610 hommes

ont été touchés par un cancer (tous cancers confondus) en 2023.

60 ans

est l'âge moyen au moment du diagnostic de ce cancer qui touche principalement les hommes âgés.

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