Touchées par un cancer de la peau, elles témoignent
De l'annonce du cancer de la peau au parcours de soin, en passant par leur rencontre avec la Ligue contre le cancer, toutes ces personnes ont accepté de témoigner d'un quotidien difficile et qui parfois affecte la vie sur le long terme. Découvrez les histoires de Marie-Joëlle, Dominique et Christelle, qui nous confient sans détour leur combat contre le cancer de la peau.
‘On se trouve plus jolie en étant bronzée, mais on ne pense pas aux conséquences qu'il peut y a voir derrière.
Plus jeune, je ne pensais pas qu'il fallait forcément se protéger. Un petit coup de soleil de temps en temps, c'était pas forcément gênant.
Fin 2024, on m'a diagnostiqué un carcinome. J'ai été opérée au niveau du pied et après l'opération, j'ai eu un reste à charge assez conséquent.
J'ai pris conscience que ça n'arrivait pas qu'aux autres et qu'on était tous concernés par les risques liés à une trop forte exposition au soleil. ’
Témoignages de Christelle, Dominique et Marie-Joëlle
Christelle, 61 ans, vit à côté de Chambéry
« Pendant très longtemps, j'ai remarqué une croûte sur le nez qui venait et qui repartait. Fin 2024, j'en ai eu sur la tête, puis sont apparues des plaques roses sur le visage. Je me suis alors un peu plus inquiétée.
Ce fut très difficile de trouver un dermatologue dans le département. J’ai fini par avoir un rendez-vous en mai 2025. La remplaçante de la dermato m’a dit qu’il s’agissait de carcinomes et qu’il fallait les enlever. J'ai eu deux interventions en septembre 2025 dans son cabinet, puis j'ai effectué des prélèvements pour des analyses complémentaires. Ces dernières ont confirmé qu'il s'agissait de quatre carcinomes basocellulaires, qu'il fallait entièrement enlever. L'opération a eu lieu le 10 décembre avec un chirurgien maxillo-facial qui a dû effectuer une greffe de la peau.
Après l'annonce, je suis donc faite opérer par une personne que je n'avais jamais vue, ce qui a rajouté au stress. Esthétiquement, c'était très difficile, j'avais un trou dans la tête que je ne pouvais pas cacher avec mes cheveux. En septembre 2025, l'impact psychologique a été énorme pour moi, j'avais cette impression de culpabilité d'être arrêtée au travail si longtemps alors qu'en soit, je me sentais physiquement apte. Je ne me suis pas sentie en droit de pleurer ou réclamer car ma vie n’était pas en danger et il y a des gens qui vivaient bien pire. Je ne me sentais pas légitime, j’ai mis du temps à réaliser que j’avais eu un cancer.
J'étais perdue, je ne savais pas vers qui me tourner et après quelques recherche, j'ai eu la chance de trouver la Ligue contre le cancer. Je les ai contacté pour être orientée vers un psychologue et pour trouver une solution pour les cheveux. Même si l’opération est passée, c’est encore très frais et le parcours de soins n’est pas terminé car il y a encore une démarche de chirurgie reconstructrice. Psychologiquement c’est toujours difficile... »
Le message que souhaite faire passer Christelle
Dominique, 65 ans, habite à Reims
« En février 2008, un de mes grains de beauté a tourné en mélanome. On était sur la côte d’Azur avec ma mère, il faisait un temps magnifique et ma mère a remarqué ce grain de beauté qui avait changé de couleur dans mon dos. Le rendez-vous dermato a confirmé que c'était un mélanome, l'opération pour le retirer a eu lieu deux mois plus tard, en avril.
À la suite de l'opération, j'ai eu trois mois d’arrêt de travail puis trois mois de mi-temps thérapeutique. Chaque année jusqu'en 2015, j'ai été suivie et surveillée avec échographique pour voir l'évolution. Mon médecin m’a dit que ce n’était plus nécessaire, mais j’ai continué un suivi régulier chaque année chez un dermato.
En 2022, des douleurs abdominales m'ont empêché de manger, j'ai perdu beaucoup de poids. Après quelques examens, on m'a découvert un cancer au niveau du foie. Les médecins ont compris que la cause venait du mélanome qui a entrainé des métastases au foie, au poumon, à la jambe et à la tête. J'ai donc commencé une thérapie ciblée, puis une immunothérapie qui, par chance, a bien fonctionné. Actuellement, je suis toujours en traitement.
J'ai aussi de la chance de connaître la Ligue contre le cancer depuis la découverte de mon mélanome en 2008. Je suis donatrice de longue date, je me suis donc naturellement rapprochée de la Ligue lors de ma récidive en 2022. »
Le message que souhaite faire passer Dominique
Marie-Joëlle, 73 ans, habite à Nîmes
« Il y a 10 ans, on m'a découvert un mélanome stade 2 sous la plante du pied. Quand j’étais enfant, je ne me protégeais pas du soleil. J’ai la peau très claire et j’ai pris de nombreux coups de soleil violents. Après la découverte d'une tâche sous la pied, je ne me suis pas inquiétée, mais cette tâche a évolué en cloque et ensuite ça a commencé à faire mal. Je suis allée voir trois dermatologues qui m'ont dit que ce n'était rien, j'ai eu un traitement de trois semaines qui n'a pas marché. C'est finalement après un rendez-vous à l'hôpital et une biopsie qu'on m'a découvert un mélanome atypique de stade 2.
L'annonce a été particulièrement difficile : "madame, on ne va pas y aller par quatre chemins, vous avez un mélanome. Vous savez ce que c’est un mélanome ? C’est un cancer".
On pense tout de suite au pire, un sentiment de solitude s'installe. L'expérience est assez traumatisante. D'autant plus que le parcours de soins s'est entièrement fait en consultation externe, ce qui a eu un énorme impact. J'ai subi une exérèse (opération chirurgicale pour retirer les tissus cancéreux) du dessous du pied, qui pouvait mener à une amputation des deux orteils. L'opération s'est bien passée, ils n'ont pas eu besoin de couper les os. J'avais un pansement à changer tous les 15 jours, la chair ne cessait de s'arracher, la douleur était intolérable. Par la suite, on m'a posé une greffe de peau sous le pied, j'ai passé 6 mois en fauteuil roulant, dont 3 mois avec un proche qui m'aidait au quotidien.
C'est grâce à une amie que j'ai connu la Ligue contre le cancer. À l'époque, je voulais m'engager dans le bénévolat et depuis, j'ai eu l'opportunité de tenir des stands, de faire de la prévention, mais aussi d'assurer la gestion d'une délégation, de devenir patiente ressource, de participer à la collecte de fonds, etc. C'était important pour moi d'avoir ce lien avec la Ligue.
Aujourd'hui, je suis encore impactée au quotidien. Je ne peux pas marcher plus de 5 km, je dépense en soins de pédicure (40 €/mois) et c'est devenu une nécessité pour pouvoir marcher sans douleur. Je ne peux plus pratiquer la randonnée ni la danse, deux activités que j'apprécie beaucoup. Je fais face à beaucoup de contraintes de mon quotidien. »
Le message que souhaite faire passer Marie-Joëlle
Pourquoi se protéger du soleil ?
Le soleil est souvent synonyme de plaisir, pourtant l’exposition aux rayons ultraviolets est le principal facteur de risque de cancers de la peau, type de cancers le plus fréquent en France.
À court terme, le soleil est responsable de brûlures de la peau et des yeux, d’allergies et d’insolations. À long terme, l’abus d'exposition au soleil accélère le vieillissement cutané, l’apparition de taches sur la peau et favorise l’apparition de lésions oculaires (cataractes, ulcérations de la cornée) et des cancers de la peau (mélanomes et carcinomes).