Ce défi est profondément ancré dans mon histoire. Cette année marque les dix ans du décès de mon père, emporté par le cancer. Je me souviens de chaque instant de cette période comme si c’était hier. J'avais 25 ans, il en avait 54. Il est parti en emportant avec lui tous ces projets à partager entre une jeune femme et son père. Avec le recul, j’aurais tellement aimé qu’il soit mieux accompagné dans sa fin de vie, et j’aurais aimé avoir moi-même les clés pour mieux l’épauler dans cette épreuve.
Ce qui m’a aussi marqué, c’est le silence qui a suivi. J’ai réalisé que mon entourage n’osait plus me parler de lui, par peur de me faire de la peine, car nous avions tous été bouleversés de le voir ainsi immobilisé et diminué par la maladie.
Aujourd'hui, je cours pour que la lutte progresse, pas seulement pour guérir, mais pour que les familles subissent moins. Je cours pour briser ce silence, pour que la maladie n'efface plus les souvenirs de ceux qu'on aime, et pour que plus personne n'ait à traverser ce chemin dans l'isolement ou le manque de soutien.