Prix Shaw 2026, quand la recherche vient à bout d’une leucémie
Le prestigieux prix de la Fondation hongkongaise Shaw vient d’être remis à trois chercheurs dont les travaux ont abouti à la guérison d’une leucémie rare, naguère dévastatrice. Deux des lauréats, la Pr Anne Dejean et le Pr Hugues de Thé, ont bénéficié du soutien de la Ligue et de ses comités, en particulier du comité de Paris, durant de nombreuses années.
L'excellence française récompensée
Le prix Shaw, souvent qualifié de « Prix Nobel de l’Asie », a été décerné dans la catégorie « sciences biologiques et médicales » au professeur Hugues de Thé (Collège de France), à la professeure Anne Dejean (Institut Pasteur) et au professeur Zhu Chen (Université de Jiao Tong) pour leurs travaux sur la leucémie aiguë promyélocytaire.
L'importance du soutien à la recherche
Les travaux des trois lauréats illustrent de manière remarquable la capacité de la recherche en biologie du cancer à radicalement changer le pronostic de la maladie. Ensemble, leurs recherches ont permis de disséquer précisément les bases moléculaires et cellulaires de cette leucémie, ouvrant la voie au développement d’une thérapie ciblée associant acide rétinoïque et arsenic. Cette combinaison thérapeutique synergique permet aujourd’hui la guérison dans 9 cas sur 10, sans chimiothérapie, évitant ainsi les effets indésirables qui y sont associés.
Les recherches de la Pr Dejean et du Pr de Thé, ayant abouti à ce résultat exceptionnel, ont bénéficié de différents soutiens de la Ligue et de ses comités. Les équipes des deux chercheurs ont notamment été labellisées par la Ligue respectivement pendant 14 et 18 ans.
Un succès qui illustre le potentiel de la recherche sur la biologie du cancer et son impact concret sur la vie des patients.
Des recherches pour aller plus loin
Le projet de recherche du Pr de Thé, actuellement soutenu par la Ligue, se fonde sur la découverte récente qu’un tiers des leucémies myéloïdes aiguës (hors leucémie aiguë promyélocytaire) expriment fortement la protéine RARA et peuvent être sensibles à l’acide rétinoïque. Ces travaux devraient permettre d’identifier des biomarqueurs pour repérer les patients atteints de leucémies myéloïdes aiguës chez qui l’acide rétinoïque pourrait être efficace, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles combinaisons thérapeutiques.
Pour en savoir plus sur les travaux du Pr Hugues de Thé, n'hésitez pas à cliquer ci-dessous pour consulter la page 4 de la brochure.
En savoir plus sur la leucémie aiguë promyélocytaire
Cette maladie rare touche une centaine de patients par an en France. Elle se caractérise par la présence d’une protéine oncogénique unique, appelée PML-RARA, issue d’un réarrangement des chromosomes 15 et 17. Considérée comme « la plus maligne des leucémies aiguës », elle peut être fatale en quelques semaines.
Jusqu’au milieu des années 1980, son traitement par chimiothérapie ne permettait de guérir qu’environ 25 % des patients. Aujourd’hui, grâce à la combinaison thérapeutique ciblée mise au point par les trois lauréats du prix Shaw, elle est désormais presque systématiquement guérie.
Continuer à mieux comprendre et mieux traiter les cancers
Continuer à mieux comprendre et mieux traiter les cancers
Le Pr Hugues de Thé poursuit aujourd’hui ses recherches, portées par la Ligue, en se fondant sur une découverte prometteuse : un tiers des leucémies myéloïdes aiguës pourraient répondre à l’acide rétinoïque. L’objectif ? Identifier des biomarqueurs pour adapter les traitements et ouvrir la voie à de nouvelles thérapies ciblées.
Pr Hugues de Thé était présent au colloque de la recherche de la Ligue qui a eu lieu les 22 et 23 janvier derniers :
« Cela fait plus de 30 ans que la Ligue contre le cancer soutient mes travaux. Ces derniers ont conduit à des modifications spectaculaires de la prise en charge de certaines formes de leucémie. »