La première consiste à étudier le rôle des "centrales énergétiques" des cellules cancéreuses : les mitochondries. Ces « petites usines » énergétiques sont souvent reprogrammées pour aider la tumeur à se développer et à se propager.
Nous avons découvert qu’une protéine, eIF5A, agit comme un "turbo" pour les cellules cancéreuses. Pour l’activer, la cellule a besoin d’une modification chimique appelée hypusination. En bloquant ce mécanisme avec des médicaments, nous avons réussi à ralentir la croissance des tumeurs et réduire leur capacité à envahir d’autres organes (métastases) dans des modèles murins. Nous travaillons actuellement à développer des médicaments capables de cibler spécifiquement ce mécanisme, sans abîmer les cellules saines.
La deuxième piste étudie l’absence ou la présence du cil primaire, sorte « d’antenne » sensorielle qui influence la façon dont les cellules communiquent et réagissent aux signaux extérieurs. Alors que le cil primaire est absent de la plupart des cellules cancéreuses afin de faciliter leur prolifération, nous avons démontré que certaines cellules cancéreuses ré-exprimait cette "petite antenne". Sa réapparition signale une forme très agressive de la maladie, difficile à soigner. Nous avons montré que la protéine, YAP1, qui agit comme un interrupteur, régule le cil primaire : (1) quand YAP1 est active, le cil primaire disparaît et la tumeur se développe plus vite, et (2) quand YAP1 est bloquée (avec un médicament ou une manipulation génétique), le cil réapparaît et les cellules cancéreuses deviennent plus agressives.
Nos découvertes ouvrent la voie à des traitements plus précis et moins toxiques, visant à perturber l’approvisionnement énergétique des tumeurs via leurs mitochondries, et cibler les formes les plus agressives, notamment les cancers neuroendocrines, aujourd’hui particulièrement difficiles à soigner.
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